CLERMONT LA SOLIDAIRE

Cruel paradoxe : les métropoles concentrent à la fois richesse et pauvreté, ménages aisés et ménages pauvres. Clermont-Ferrand n’échappe pas à cette réalité. Elle l’exacerbe même avec un taux de pauvreté (des ressources inférieures à 60% du salaire médian) de 20,4 % de la population alors que la moyenne nationale est de 14%. Un foyer sur deux n’a pas suffisamment de revenus pour être imposable et les deux tiers des logements sociaux de la Métropole se situent à Clermont.

Dans ce contexte local d’inégalités flagrantes, la solidarité n’est pas une option. C’est une obligation !

Pour autant, si les lois de décentralisation ont conforté le rôle fondamental des départements et de l’Agence Régionale de Santé (ARS) en matière d’actions sociales et médico-sociales, les communes ont la charge de l’action sociale de proximité. Avec notamment les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) qui assurent une action générale de prévention et de développement social, particulièrement en direction des personnes âgées.

Nous souhaitons compléter les actions du CCAS par des politiques municipales ad hoc destinées à répondre, autant que faire se peut, aux difficultés sociales que rencontrent beaucoup de nos concitoyens. 

LES MESURES-CLÉS

  • Le Renforcement du Centre Communal d’Action Sociale 
  • Une aide à l’accession à la propriété en ville  
  • Une ville aidante pour ses habitants
  • Un dispositif de micro crédit
  • Un financement du permis de conduire en échange de bénévolat 
  • Une meilleure accessibilité des équipements et espaces publics aux personnes en situation de handicap

NOS PROPOSITIONS

LE CENTRE COMMUNAL D’ACTION SOCIALE, BRAS ARMÉ DE NOTRE POLITIQUE SOCIALE

Les moyens du Centre Communal d’Action Sociale seront renforcés pour une meilleure gestion des équipements sociaux de la ville (EHPAD, restaurant, maintien à domicile des personnes âgées …).

Nous procéderons à un audit sur son fonctionnement pour renforcer son efficacité et sa réactivité dans les trois champs suivants :

  • Les mesures d’urgence,
  • Les aides coup de pouce,
  • Le soutien aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap, aux enfants, aux personnes victimes de violences. 

Aux côtés du CCAS, les associations à vocation sociale ont un double rôle : faire émerger les besoins et assurer une logique d’opérateur.

Nous organiserons dans le cadre du CCAS des assises entre ces associations, les habitants et les services. Nous prendrons en compte le diagnostic des centres sociaux des quartiers prioritaires (établi en 2019) de manière à partager un diagnostic, à renforcer ou à créer une dynamique partenariale en donnant aux habitants toute leur place.

D’ores et déjà nous pouvons indiquer que : 

  • Nous développerons une structure d’accueil et d’accompagnement des personnes âgées et des aidants.
  • Nous élargirons les missions du CCAS aux étudiants en situation de précarité. 
  • Nous développerons le soutien aux porteurs de projets individuels

En outre, pour faciliter les démarches et leur efficacité, un guichet unique des aides sera mis en place afin d’améliorer le déploiement des aides auprès des ayants droit.

➡ Un lieu d’accompagnement des personnes âgées et des aidants

On trouvera dans les locaux du CCAS un service spécialement destiné aux personnes âgées et ouvert aux aidants. Des fonctionnaires municipaux seront à leur disposition pour les informer, faciliter leur accès aux droits dont ils disposent, souvent méconnus et examiner avec eux le recours au soutien à domicile, les possibilités d’hébergement, la recherche de lieux de vie adaptés, l’insertion dans la vie sociale….

Pour ceux qui le souhaiteront, une équipe sociale ayant une expertise en gérontologie évaluera les besoins des seniors en perte d’autonomie en se rendant à leur domicile. En concertation avec la personne et son entourage, un plan d’accompagnement personnalisé répondant aux besoins identifiés sera proposé en vue de coordonner l’intervention des professionnels (services d’aide à domicile, soins infirmiers, portage de repas, télé assistance…).

➡ Une attention particulière à la précarité étudiante

Comme sur l’ensemble du territoire national, les 40 000 étudiants clermontois sont particulièrement affectés par le coût de la vie étudiante. Celui-ci ne cesse d’augmenter depuis près de dix ans, ce qui plonge un peu plus les étudiants dans la précarité. 

En 2015, une mission de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) évaluait à 19 % le nombre d’étudiants vivant en dessous du seuil de pauvreté, ce qui équivaudrait à presque 8 000 étudiants à Clermont-Ferrand. 

Ville solidaire, Clermont se doit d’accompagner ces jeunes à surmonter leurs difficultés, en les informant sur les aides nationales auxquelles ils peuvent prétendre, mais également en les aidant par des coups de pouce sous forme d’aides financières ou d’emplois temporaires.

➡ Un micro-crédit aux particuliers

Le Micro-crédit personnel est un prêt destiné aux particuliers qui souhaitent concrétiser un projet (hors création d’entreprise), mais qui n’ont pas accès au crédit bancaire classique. Il vise à financer des projets individuels et à favoriser l’insertion sociale ou professionnelle :

  • Accès à la formation et à l’emploi
  • Aide à la mobilité professionnelle 
  • Accès au logement 
  • Equipement ménager de première installation 
  • Santé, optique, frais dentaires 

D’un montant maximal de 3 000 € (5 000 € dans des cas exceptionnels) ce crédit pourra s’étaler au maximum sur 60 mensualités. Le CCAS prendra à sa charge les intérêts du crédit, en lien avec une banque.

➡ Faciliter l’obtention du permis de conduire 

Le permis de conduire est souvent indispensable à l’obtention d’un emploi. La Ville mettra donc en place un financement complémentaire à celui de la Région (destiné aux lycéens apprentis) pour faciliter l’obtention du permis de conduire. En contrepartie, le bénéficiaire s’engagera à effectuer des heures de bénévolat pour la Ville, le plus souvent au bénéfice des associations clermontoises. Cette aide sera naturellement conditionnée à des critères financiers personnels et d’engagement effectif. 

AIDER À L’ACCESSION À LA PROPRIÉTÉ EN VILLE

Notre objectif est de favoriser l’accès à la propriété du logement aux jeunes familles et aux Clermontois les plus modestes, en ville plutôt qu’en périphérie pour éviter les surcoûts de vie quotidienne, les déplacements et l’impact environnemental. Nous proposons pour cela de créer un Office Foncier Solidaire (OFS) et de développer l’habitat coopératif.

➡ Un Office Foncier Solidaire 

L’OFS est un outil juridique destiné à permettre aux ménages d’acheter leur logement moins cher, en dissociant la propriété du sol et celle du bâti. Lors de l’achat du logement, les murs appartiennent à l’acquéreur. Le terrain est, quant à lui, loué à l’Office Foncier Solidaire, pour une somme modique comprise entre 0,50 et 1€ par mois et par m² pendant toute la durée de la propriété. Cette solution permet d’acquérir un logement avec des coûts jusqu’à 30% inférieurs au prix du marché et de le transmettre à ses enfants ou de l’hypothéquer comme un autre bien immobilier.

➡ Encourager l’habitat coopératif pour tous 

L’habitat coopératif, encore peu répandu en France, permet aux citoyens de vivre ensemble dans un habitat conçu collectivement autour d’une ambition sociale et écologique. Inscrit dans la loi ALUR de 2014, l’habitat coopératif constitue une troisième voie entre le logement social et le parc privé. On devient propriétaire en même temps qu’on est locataire, puisqu’on loue un logement tout en étant propriétaire des parts sociales de la coopérative qui détient l’immeuble. On peut aussi construire ensemble le logement préalablement à la location comme cela a été fait à Trémonteix en 2011. 

Le fait de mutualiser les capacités d’endettement de tous les habitants permet à des ménages modestes d’accéder à la coopérative, favorisant la mixité sociale. Des personnes provenant de milieux sociaux diversifiés, d’âges et de revenus différents, peuvent ainsi choisir de vivre ensemble dans le même immeuble. Les loyers pratiqués dans l’habitat coopératif sont plus modérés que ceux du marché classique. 

L’habitat coopératif constitue un moyen de recentrer sur les besoins la démarche de construction de logements. Ils sont alors destinés à l’usage réel des habitants et non à la plus-value spéculative. Dans le cadre des nouveaux programmes immobiliers de la ville, nous soutiendrons donc fortement cette démarche qui permet de développer un lien social, inter générationnel et entre les familles.

➡ L’attribution des logements sociaux 

Les critères d’attribution seront transparents pour toutes les personnes ayant déposé une demande. La réévaluation des situations sera faite selon l’enquête sociale annuelle sur les revenus. Un effort sera demandé aux bailleurs sociaux pour qu’ils cherchent à adapter la taille des logements aux besoins de chaque famille.

UNE VILLE AIDANTE

➡ Développer l’accès à la santé dans les quartiers 

Notre objectif est de favoriser l’accès à la santé en suscitant l’implantation de professionnels dans les quartiers de la ville, en appuyant s’il y a lieu la création d’une Maison de santé de quartier pour y développer les actions de prévention.

Rendre les espaces publics, les équipements et l’emploi plus accessibles aux personnes en situation de handicap

Malgré les différentes lois et textes réglementaires, l’accessibilité des équipements et espaces publics aux personnes en situation de handicap et aux personnes à mobilité réduite n’est pas toujours garantie. Nous veillerons à rattraper ce retard en identifiant un chargé de mission handicap qui agira de façon transversale avec les services municipaux et métropolitains, en concertation avec un réseau de « testeurs d’accessibilité » composé de personnes en situation de handicap. 

Il aura pour objectifs :

  • L’accessibilité aux bâtiments et espaces publics et aux différents moyens de mobilité, en particulier les bus, en tenant compte des contraintes existantes.
  • La prise en compte du handicap dans tous les projets : par exemple décider de la traduction en braille ou en FALC (Facile A Lire et à Comprendre) de certains documents.

La municipalité s’engagera par ailleurs à permettre l’accès à l’emploi et à la formation aux personnes en situation de handicap dans les services de la ville. Elle visera un taux d’emploi supérieur à 8% pour les bénéficiaires de l’obligation d’emploi (+2 points) et elle aura recours au secteur protégé et adapté pour la commande publique.

➡ Un service d’information pour aider aux démarches

Nous créerons dans chaque Maison de village un lieu d’accueil et de ressources. Il proposera aux habitants un Service d’accueil, d’écoute, d’orientation et d’aide aux démarches. Cette nouvelle structure municipale n’aura pas pour vocation de se substituer aux guichets administratifs existants. Elle fournira les informations nécessaires afin de simplifier les démarches, de connaître les bonnes adresses et les bons interlocuteurs, d’aider à construire les dossiers.

Décentralisé dans les Maisons de village, le Service d’information et d’aide aux démarches sera dédié à tous les habitants de la ville, en particulier :

  • Les personnes âgées et les aidants 
  • Les familles
  • Les étudiants 

Des agents municipaux spécialisés y délivreront gratuitement les informations sur les aides disponibles, leurs conditions d’octroi, les dispositifs accessibles et les structures de soutien. L’objectif est d’aider nos concitoyens à accéder à leurs droits ou aux possibilités qui leur sont offertes, trop souvent invisibles et inaccessibles dans un maquis administratif inextricable.

Les personnes désireuses de réduire leur facture énergétique et de s’inscrire dans la démarche de transition écologique y trouveront les informations nécessaires pour rénover leur logement ou pour changer de véhicule. De nombreux dispositifs existent (primes à la rénovation énergétique et aux travaux, crédit d’impôts, aides à la substitution de véhicules moins énergivores, achats de vélos) mais sont le plus souvent méconnus.

➡ La formation pour lutter contre la fracture et la précarité numérique 

Les publics les plus fragiles sont particulièrement touchés par la fracture numérique qui s’est installée au fil du temps. Le non-accès à l’écosystème numérique est un facteur aggravant d’exclusion et un frein réel à l’insertion. Le besoin de communication devient de plus en plus indispensable à l’insertion des personnes éloignées de l’emploi.

La fracture numérique assigne à résidence ceux qui ne disposent pas de moyens numériques pour s’informer ou accomplir des démarches administratives aujourd’hui souvent dématérialisées. C’est notamment vrai pour les seniors qui ont besoin d’un accompagnement personnalisé.

Lutter contre la fracture numérique implique de remédier au coût important d’un ordinateur et de l’abonnement à un opérateur internet. De plus, les seniors ont besoin d’un accompagnement pour s’adapter à l’évolution très rapide des outils numériques. Nous mettrons en place ces aides et cette formation aux nouvelles technologies au sein des Maisons de village, en ateliers ou sous forme personnalisée, à domicile pour les seniors. Pour cela, nous créerons des postes d’ambassadeurs du numérique, qui pourront être occupés par des acteurs du service civique.

Des dotations en matériels d’occasion et des aides financières pour un accès internet seront également mises en place.

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